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Portrait

Portrait d'un Surfliner

La Pacific est l'une des locomotives à vapeur les plus emblématiques de l'histoire du rail — la machine qui, au tournant du XXe siècle, a porté la vitesse et la puissance ferroviaires à leur apogée. Un symbole d'une ère où la mécanique repoussait ses propres limites.

Portrait de Luc Malvé
Luc Malvé · Pacific Railway
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L'enfance cheminote

C'est à Saint-Pierre-des-Corps, l'une des grandes villes cheminotes de France, que Luc Malvé a grandi — dans une famille où le rail se transmet : un arrière-grand-père chef de gare à Trélazé, un grand-père aiguilleur et un père conducteur, un « mécano », y ont fait carrière.

C'est dans cet environnement, et autour d'une Pacific 231 E 41 garée à quelques mètres de sa maison natale, que se construit un rapport presque naturel au monde ferroviaire. Dès l'âge de quinze ans, il rejoint l'atelier des Ardoines et devient apprenti du matériel SNCF. Nous sommes en 1983.

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Les trains du Pacifique

À quelque 10 000 km de là, le dojo central de Toro Canyon domine l'océan Pacifique et offre sur lui une vue à 180 degrés. Dans les années 1990, alors qu'il n'est encore qu'un jeune élève de karaté, c'est au petit matin, dans les premières lueurs d'or, le kimono trempé de sueur et l'esprit en éveil, qu'il entend au loin les sifflets des trains, jour après jour.

Les noms font rêver : le Pacific Surfliner, le Coast Starlight, qu'on entend filer le long de la One, longeant la côte en contrebas. Un monde de voyage, de liberté et de mécanique se construit alors ; on s'imagine à bord, filant le long du monde et explorant les grands espaces.

Luc Malvé en kimono, ceinture noire, sur un tatami — photographie en noir et blanc
Karaté — plus de trente-cinq ans de pratique. La maîtrise avant la force.
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Le voyage qui relie tout

En novembre 2025, il profite de sa dernière mission SNCF au WCRR pour réaliser l'un de ses rêves : un tour des États-Unis en train, petit détour de plus de 20 000 km en un mois, de Chicago à Chicago, pour finir à Denver, non loin de Colorado Springs, où il retrouve ses collègues du monde entier.

Sur le chemin, il se retrouve à bord du Coast Starlight, repassant le long du Pacifique et devant Toro Canyon. C'est à cet instant précis que tout s'assemble : la Pacific 231 E 41 de l'enfance et l'océan Pacifique, mais aussi la sagesse d'une âme pacifique et forte, forgée par l'enseignement de Maître Ohshima.

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La naissance de Pacific Railway

La voie ne s'arrêtait pas là : il avait le pouvoir de la construire dans sa propre direction. Pacific Railway était né.

Il y a, dans ce nom, l'amour de la technique et de la mécanique, et la rigueur d'une carrière : plus de quarante-deux ans passés à la SNCF sur les systèmes de caténaire, du 750 V DC au 25 000 V AC.

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Quarante-deux ans sur la caténaire

Les changements sociaux, organisationnels, techniques, technologiques, économiques, réglementaires, juridiques, culturels, générationnels, géopolitiques — tant de changements accompagnés, tant de résilience, de questions, d'adaptations. Ces changements, il ne les a pas seulement traversés : il les a occupés, poste après poste.

De l'apprentissage à l'atelier d'entretien des engins jusqu'aux fonctions de recherche et d'innovation qui ont marqué la fin de sa carrière SNCF, chaque étape a été une réponse concrète à une mutation du métier : apprendre le geste, puis la technique, puis la résistance de l'humain, puis anticiper ce que la technique deviendrait.

Cette recherche a pris forme concrète : des outils de mesure du fil de contact — tension, épaisseur — nés chez nous et aujourd'hui vendus dans le monde entier.

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Construire et transmettre

Il y a la discipline d'une pratique martiale menée depuis plus de trente-cinq ans, qui ne cherche pas la force pour elle-même mais la maîtrise. Il y a l'envie de transmettre, d'aider le monde par sa compréhension, ses connaissances, la pierre posée dans le mur commun.

C'est cette même exigence que Luc Malvé met aujourd'hui au service de SNCF Réseau, de l'UIC et des industriels du secteur, pour accompagner l'innovation, la recherche et l'évolution naturelle des mondes ferroviaires de demain.

Et il y avait, dans ce nom entendu au petit matin californien, un dernier clin d'œil : le Surfliner. Un train qui porte une ligne — comme le caténairiste porte la sienne.

Schéma de principe — roues motrices et bielle d'accouplement